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Février 2010 : BILLET D'HUMEUR N°1

En ces froideurs d’hiver


Février 2010 - Jean-Pierre Boutinet - Cinq cents mots pour le dire...


Humeur, humeur, elle nous tient au corps, celle que nous exprimons quotidiennement, spontanément ou malgré nous, bonne ou mauvaise. Quelle versatilité mais aussi quelle constance! L’humeur dans toute son ambivalence, nous l’extériorisons et l’intériorisons lorsque chaque matin en sortant le nez dehors nous humons l’air du temps en prenant selon la conjoncture un facies tantôt maussade, tantôt hilare. Cette humeur est à la fois passagère liée aux circonstances, tel ce liquide qui fuit entre nos doigts jusqu’à s’en échapper et tenace parce qu’ancrée dans la bile de qui la manifeste. De cette bile propre à tout un chacun, elle conserve des effets durables. Dans ce billet inaugural d’une série où seul le commencement est assuré et la fin hypothétique, on retrouvera donc cette alliance d’inconstance propre à la versatilité et de permanence dans la continuité. Puisque l’humeur est pour une part éphémère, s’extériorisant à l’occasion, sa manifestation doit être brève. Elle se matérialisera ici dans chacun des billets produits sans fioriture, se donnant comme espace pour se dire cinq cents mots, pas un de plus, pas un de moins, l’espace d’une feuille bien remplie. Mais parce que cette humeur garde par-delà ses variantes une certaine constance, elle s’exprimera à propos de préoccupations lancinantes, celles qui tournent autour de l’énigme de notre condition d’humanité, faite trop souvent de ce qui nous apparaît comme injustice et souffrance, une condition qui se donne à vivre dans les actuels espaces postmodernes que d’aucuns nomment posthumains, ces espaces communicationnels et informationnels qui cultivent la surface du réseau et le jeu de l’artifice, des espaces à comprendre et à apprivoiser dans et malgré leurs apparences régressives. Sans doute aujourd’hui, autant sinon plus que par le passé, face à de tels espaces, nous éprouvons un souvent vif sentiment d’absurdité, ayant de la difficulté à déceler où débusquer un sens possible à vivre. Résister aux provocations de ces espaces souvent cyniques et tyranniques, c’est sans doute s’armer d’une forme particulière d’humeur qui se donne pour constance d’en rire pour les ridiculiser à travers l’humour, cette forme d’humeur tournée vers la gaité par une disposition d’esprit visant à trouver dans toute forme de réalité un caractère plaisant qui la questionne. En mêlant humeur et humour, chacun des billets confectionnés, quatre dans l’année tributaires du rythme de chaque saison, est destiné à jeter un regard sur cette réalité, d’agacement, d’étonnement, de naïveté. amenant entre celui qui l’écrit, celle ou celui qui le lit à un dialogue silencieux pouvant devenir manifeste un dialogue de connivence, de commune interrogation ou de difficile convergence. Modestement à travers ce billet, il est question de nous aider les uns les autres à sortir de notre mutisme ou de notre assoupissement, ceux de l’hiver afin de remettre sans arrêt sur le chantier ce travail interminable visant à élucider ce que nous vivons pour ne pas en être dupes mais, à la mesure de nos forces, aider à rendre plus vivable ce monde qui nous entoure, quelque désespérée que soit l’entreprise ou quelque naïve qu’elle puisse paraître.














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